22 janvier 2009

Assassins

Super film de Dick Donner. C'est l'histoire d'une amitié entre deux assassins. C'est la rencontre entre celui qui à l'époque était l'homme fort du cinéma Américain : Stallone, qui s'est toujours présenté en disant "Deux L pour voler, deux N pour niquer, deux poings pour taper" ; et celui qui à la même époque était l'homme fort du cinéma ibérique : Antonio Bandera, qui venait de s'illustrer dans Desperado, film qui m'a rendu totalement desesperado. Le côté assassin des deux héros de ce buddy-movie est largement laissé dans l'ombre pour nous conter une belle histoire d'amitié façon Jerry Schatzberg. Rien ne nous est épargné des plus infimes épisodes de la vie que peuvent partager deux colocataires en bons termes. Ainsi le film s'ouvre sur la séquence dite de la "lettre".


Antonio Banderas est accoudé à une table, tâchant de rédiger une lettre à la femme qu'il aime dans un sinueux mélange d'espagnol et d'anglais qu'il baragouine en voix off. Tandis qu'il nous baratine avec son salmigondis informe, un autre son nous parvient du hors-champ et vient se mêler aux mots d'amour en esperanto malmené de Banderas. C'est le bruit que fait l'immense jet de pisse de Stallone projeté avec force passion au beau milieu de la cuvette des chiottes. Faut dire que Stallone pisse du coude droit et chie du gauche depuis son opération ratée du cul vouée au départ à augmenter la musculature de sa nuque. "Pourquoi t'as toujours besoin de pisser au milieu du chiotte ?" s'exclame Banderas, agacé, en renouant le bandeau qui tient ses cheveux. "Comme ça je me sens exister" répond Stallone, avec sa voix habituelle de castrat. Et ça n'est que le début. Il est capital de parler de cette scène où Stallone lit un magazine de motos, affalé à la table de la salle à manger, observé par un Banderas pantois et oisif qui essaie tant bien que mal de faire prendre conscience à son nouveau meilleur pote qu'il est en train de lire des descriptifs de cylindres et qu'il est vraiment trop con.




En fait Banderas a réclamé un rôle d'intellectuel pour briser son image, et c'est ça que Donner lui a offert sur un plateau. Pour avoir l'air brillant, il fallait forcément un partenaire diablement con à Banderas pour s'illustrer un peu par son jeu de mimes. Après mille et une nuits d'auditions pour dénicher le plus con des acteurs possibles, c'est Stallone qui a monopolisé la parole, enregistré sur des bandes de casting qui resteront à jamais scellées sous clef dans un coffre en marbre. L'intéressé déblatérait longuement "on tape" sur ses opinions politiques et ses ambitions concernant la Maison Blanche. Il paraîtrait que dans cette vidéo, filmée par un directeur de casting HS et insomniaque, Stallone faisait des déclarations prémonitoires quant aux événements du 11 septembre. Il aurait aussi annoncé le krach boursier de cette année. Mais il faut pas oublier qu'il parlait aussi d'une invasion extra-terrestre pour janvier 2007, de la naissance d'un crotale géant au cœur du Pentagone, d'une déferlante de criquets dans l'État du Michigan et de l'émergence de l'Atlantide, entre deux pronostics Superbowl foireux. On l'interrompt pas l'homme aux trois mètres de barbaque, mais on ne l'écoute pas toujours non plus. Il a bien deux ou trois éclairs de génie par ci par là (les plus sceptiques parleront d'heureux hasards), mais il est quand même vraiment à la masse. Il a un bon moteur mais y'a personne au volant. D'ailleurs quand il a été invité au Grand Journal de Denisot, Stallone a passé deux journées dans la "boîte à questions", s'alimentant en bouffant son propre bras hypertrophié pour continuer à répondre à toutes les questions. C'était la première fois qu'on lui en posait. Il n'a pas appuyé une fois sur le buzer permettant de zapper la question. Ils ne l'ont jamais sorti de là, ils ont retiré la boîte à questions de son emplacement d'origine et il est resté assis au milieu à attendre de nouvelles questions. Il s'est bien assoupi à un moment, mais pour redémarrer le lendemain, au taquet.



Alors ce rôle lui va comme un gant dans cette scène où il jette des dés pipés pour noter ses résultats et s'enorgueillir dès qu'il tire un 6, sous le regard implorant de Banderas. Quand il tire un 5 il est tout de même content, mais il ne manque jamais de rappeler que c'est tout de même moins bien qu'un 6. Et Banderas quitte lentement la pièce pour mettre un terme à cette séquence de haute volée.

La scène la plus marquante reste celle où Stallone s'en va faire sa déclaration à sa bienaimée, interprétée par Julianne Moore. Il la retient par le bras (celui qu'elle a dans le plâtre depuis ce jour) tandis qu'elle s'apprête à grimper dans le bus. Et il lui dit, avec sa voix d'enfant, qu'il aimerait être avec elle, que même quand elle est là il lui semble qu'elle est un peu absente. Elle lui répond qu'elle a déjà quelqu'un mais qu'elle voudrait bien baiser avec Stallone si son copain peut mater. Alors on voit Stallone, dépité, choqué, terrassé, qui encaisse la vérité sur celle qu'il idéalisait, sur la fille de Roger Moore, et derrière lui la vitrine d'un magasin explose, sans doute happée par l'aspiration du courant d'air provoqué par le mouvement de Stallone, qui d'un geste un peu brusque essaye d'attraper une mouche qui lui tournait autour depuis le début de la séquence.



Un peu plus loin dans le film, Stallone finira par accepter la proposition de Julianne Moore, et il ira la baiser sous les yeux alanguis de son mari. Ce dernier va alors assister à la mort de son épouse avant d'appeler la police, pour demander à un commissaire s'il doit porter plainte contre Stallone et déclarer que sa femme est morte "sous les coups" de ce dernier. Il dira: "C'était des coups de bite, mais quand même, elle en est morte !" Dans la discussion téléphonique avec les autorités, le mari éploré évoquera plusieurs fois ces coups de bites rythmés par le chant d'un colibris enroué. C'est à voir. Cette scène est à voir.

Le film se clôt sur une partie de foot dans laquelle des gamins innocents se font marraver par Stallone et Banderas, venus leur chiper leur ballon rond pour le martyriser tant et plus. Stallone est vêtu d'un maillot du PSG floqué au nom du célèbre Raï, qui une fois élargi par les épaules démesurées de l'acteur, dignes de l'envergure d'un goéland en plein vol, s'étire atrocement et devient "Radio Audiophonie Italienne".


Assassins de Richard Donner avec Antonio Banderas, Sylverster Stallone et Julianne Moore (1995)

9 commentaires:

  1. Il m'a fallu la moitié de l'article pour enfin piger. Géant.

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  2. Pistache, la perruche sans tête.28 janvier 2009 à 16:55

    Ca manque d'articles !

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  3. excellent article! A quand d'autres critiques de films?

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  4. Il paraît que le scénario original est une tuerie, massacrée par les studios

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  5. Relire les deux derniers paragraphes, ça fait un bien fou !

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  6. Sachant que le scénario original vient des frères (?) Washowski (l'orthographe est surement fausse, mais vu la considération que j'ai pour ces deux baltringues, je m'en fiche), on peut dire qu'il devait être bien pourri à la base.

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  7. Pardon? Mais vous vous prenez pour qui de parler comme ça? Bande de déplacés .. allez voir ailleurs nan? J'y crois pas. :@ pourris!

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