11 mai 2009

Mes Stars et Moi

On aurait dû s'en douter, nouveau film de meuf. Phrase ultra dégueu pour commencer l'article, ça pose les bases. Félix et moi avons désormais un genre de grosse appréhension quand on voit s'afficher à la fin d'un générique d'ouverture de comédie franchouillarde un prénom féminin. C'est misogyne, c'est méga con, mais c'est humain. En fin de compte il doit y avoir le même pourcentage chez les mâles et les dames d'artistes intéressants paumés au sein du marasme des très médiocres artisans. Seulement voilà, faites les comptes : il y a plus de réalisateurs que de réalisatrices. Alors évidemment c'est l'héritage d'une société patriarcale haïssable où les hommes ont opprimé les femmes pendant les siècles des siècles. Encore aujourd'hui il est sans aucun doute possible plus difficile à une femme de faire son trou dans le milieu. On va dire qu'il y a cent réalisateurs pour dix réalisatrices, en comptant large (et la France est la mieux placée sur ce plan, pour vous donner une idée de l'état du monde). Alors si on est optimiste, et que l'on considère que 10% de la population des cinéastes vaut le détour contre 90% de bras cassés, on se retrouve avec 10 réalisateurs potentiellement valables sur 100. Et d'un autre côté on se retrouve avec une seule réalisatrice potentiellement passionnante sur 10. Ça revient au même vous me direz, sauf qu'il n'y a QUE 10 réalisatrices (ce ne sont pas des chiffres AFP, c'est une image). Alors oui ce ne sont que pourcentages. Alors oui le manque à gagner est identique. On pourra même affirmer qu'il vaut mieux subir 9 saloperies pour voir un grand film en misant sur les réalisatrices que se taper 90 horreurs pour 10 possibles chefs-d'œuvre chez les réalisateurs. Mais c'est adopter la politique du pire ! C'est compter les échecs à qui mieux mieux. Et en termes de cinéma mieux vaut s'attarder sur les réussites. Lesquelles sont plus nombreuses chez ces messieurs, non pas qu'ils soient plus malins, simplement plus nombreux. C'est mathématique. Si d'aventure vous voulez vous attarder sur les conflits impliquant des nations comme la Russie, le Vietnam ou la Corée, vous ferez le même constat. Ces gens-là ne sont pas meilleurs mais ils jouent à 10 contre 1. Un peu comme Zidane contre le Brésil en demi finale de la coupe du monde 2006 qui, selon les dires d'Eric Abidal, "jouait à 11". Le grand film de femme vu ces dernières années c'était Lady Chatterley, réalisé par Pascale Ferran. Ne cherchez pas, Bela Tarr est un homme. Après ouais j'ai toujours eu envie de ken Loach mais c'est quand même un homme.


La réalisatrice, fière de son "petit film".

On a connu Marguerite Duras, Chantal Akerman, Valéria Bruni-Tedeschi, Agnès Varda, Julie Delpy, Claire Denis, Catherine Breillat ou bien Laurence Ferreira Barbosa, Lawrence d'Arabie et Germaine Dulac. Dans la jeunesse actuelle il y a bien quelques noms prometteurs, parmi lesquels Pascale Ferran donc, qui vient de souffler sa 61ème bougie et qui n'a encore fait que deux films. Yolande Moreau qui a gagné deux Oscars dont un pour le seul film qu'elle ait co-réalisé, et qui vient de souffler sa dernière bougie probablement (tension artérielle proche de l'implosion). Il y a Agnès Jaoui qui fait certes une fois sur trois de bons dialogues avec l'aide ô combien indispensable de J-P Bacri et qui filme comme un vieux pied, ou bien les très jeunes Mia-Hansen Love (Tout est Pardonné), Lola Doillon (Et Toi T'es Sur Qui ?), Céline Sciamma (La Naissance Des Pieuvres), Sophie Fillières (Un Chat, Un Chat), qui n'ont toutes réalisé qu'un seul film, qu'on rayera de nos mémoires engourdies concernant la dernière de la liste. Bon ok, en fait y'a du matos chez ces dames et parmi les dix femmes en activité (c'est toujours une image) on en trouve plus d'une qui vaut le détour.

Et puis il y a les autres, Coline Serreau mais ça c'est pas du ciné, Nicole Garcia que je cite uniquement pour la citer, Danièle Thomson qui mérite le fouet, Tonie Marshall qui boxe dans la même catégorie, Diane Kurys qui fait chier tout le monde, Zabou Breitman qui vient d'adopter un gosse au Brésil et pour qui le cinéma c'est de l'histoire ancienne... Ah non je confonds avec Jaoui, mais de toute façon elle l'ont adopté ensemble dans le dos de Bacri qui pendant ce temps se tape les avant-premières foireuses du mauvais Parlez moi de la pluie. Il y a aussi Josée Dayan qui n'est pas une femme en tant que telle. Ceux qui se sont risqués à aller vérifier sont morts. Morts de trouille. Et puis les toutes minables : Valérie Guignabodet (Mariages !) Lorraine Levy (Mes Amis, Mes Amours), Cécile Telerman (Tout pour plaire), Lisa Azuelos (Lol), Isabelle Mergault que j'appelle Isabelle Merdier, Idit Cebula (Deux vies plus une), Léa Fazer (Notre univers impitoyable), ou encore Laetita Colombani, celle qui a commis le film dont il s'agit ici, et j'en oublie un gros paquet.




Comme on l'a dit c'est ici en France que les femmes s'expriment le plus. Outre-Atlantique en y réfléchissant vite on pense à Naomi Kawase, à Jane Campion (La Leçon de Piano, Bright Star), Nora Ephron qui a cumulé les tragiques comédies romantiques (Julie & Julia), Sofia Coppola que l'on appelle aussi "in bed with Coppola", larvée à tout jamais dans la mode "indé" américaine la plus miséreuse, pourquoi pas Kathryn Bigelow (Démineurs), la protégée de James Cameron qui s'est retrouvée coincée avec des acteurs bourrus et une caméra amphibie dans un sous-marin pendant deux ans pour satisfaire la passion de son protecteur pour le monde des poissons avec K-19 Le Piège des profondeurs, ou Antonia Bird qui en dehors du très appréciable Vorace n'a jamais rien tourné qui nécessitât une caméra. Oh et j'en oublie certainement des tas, des tonnes. Mais si je les oublie c'est peut-être pas tout à fait un hasard. Dois-je vous rappeler que je me suis souvenu au dernier moment de Sofia Coppola, pourtant célèbre et placardée dans toutes les chambres d'adolescentes tentées par le suicide ?

Combien d'acteurs célèbres et omnipotents ont pris le risque de se lancer dans la réalisation ? Et là à bas les statistiques, je deviens un putain de gros misogyne. Je me contenterai de citer les noms de Mel Gibson, Kevin Costner, Ed Harris, Clint Eastwood, Sylvester Stallone, Richard Berry, Tommy Lee Jones, George Clooney, Michel Piccoli, Yvan Attal, Sean Penn, Mathieu Amalric, Albert Dupontel, Antoine DeCaunes, Eric Caravaca, et des dizaines d'autres. Et même si on a envie de noyer la plupart d'entre eux dans un grand sac de toile lesté de plomb au fond du lavoir le plus proche, il faut bien avouer qu'en contrepartie on ne se souvient d'aucune grande actrice ayant tout mis sur la table avec un film digne de ce nom. Ah si y'a Maiwenn. Ce qui n'aide pas à contredire ma thèse de merde. Enfin bref on s'en bat la race, je suis moi même choqué et dégoûté par ce que j'essaie de raconter depuis deux paraphets et qui ne tient pas debout une seconde. Tout ce que je voulais dire c'est que j'ai enfin compris d'où Kad Merad tire son énergie infinie.



Matez-moi ces feuilles. Chaque oreille est un panneau solaire condensant l'énergie du plus gros des astres pour la garder sous cloche dans la grosse tête creuse de l'acteur. Ses deux grosses esgourdes sont autant de capteurs d'énergie solaire. Ce mec-là c'est une pile. C'est pour ça qu'il joue dans 25 films par an. Ce type-là c'est une batterie de grosse bagnole, c'est une batterie de Boeing, et ses oreilles c'est les cosses pour la redémarrer. J'avais rien contre lui avant de mater ce film. Je le trouvais moyen. Il m'avait parfois fait rire dans sa première carrière d'humoriste, il m'avait toujours laissé très indifférent au cinéma, à l'image du film qui l'a fait connaître de tous les français, et désormais j'ai une grande dent contre lui. Parce que quand on cumule des milliards de rôles et qu'on se démerde pour être toujours plus chiant dans chacun d'entre eux, au point de réciter des dialogues écrits sur son avant-bras droit, on commence à susciter un mépris latent. Je ne le blaire plus du tout. Ceci dit il a deux centrales en fusion de chaque côté du crane, il dort la tête plongée dans un aquarium pour refroidir ses moteurs, alors on lui pardonne presque de faire des films aussi merdiques. Quand il veut se foutre des coton-tiges dans les oreilles il doit mettre des maniques sur ses paluches ! Je n'envie pas du tout la vie de con de ce mec.


Mes Stars et Moi de Laetitia Colombani avec Kad Merad, Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart (2008)

7 commentaires:

  1. Un peu comme Zidane contre le Brésil en demi finale de la coupe du monde 2006, qui selon les dires d'Eric Abidal, "jouait à 11".

    Abidal, qui, selon les dires de Zizou "ne jouait pas ce match, ou en tout cas, certainement pas en entier, il a bien du se prendre un rouge à un moment.". Il aurait mieux fait de fermer sa gueule le zizane.

    RépondreSupprimer
  2. C'est le meilleur article paru en 2009. Je compte le relire deux fois avant de me coucher, et en faire ma Mecque. Je me tournerai vers cet article et je mimerai l'éléphant à deux trompes tous les matins, tous les midis et tous les soirs, chaque jour que Dieu fera, cette thèse sera mon Mur des Lamentations, j'y tagguerai le nom de mon fils ainé avec son propre sang.

    RépondreSupprimer
  3. C'est très bon, ça se lit d'une traite et on apprend des choses, c'est une thèse condensée en quelques paragraphes, c'est l'enterrement à la chaux de nombreuses réalisatrices, c'est un hymne à la diversité, c'est un pied au cul de Josée Dayan. C'est beau et je redemande des proses de ce niveau.
    Par contre Zidane s'est débarassé tout seul du Brésil en QUART de finale de la coupe dum', la demie c'était contre ces gros nazes de portuguais et Ronaldo le plongeur.

    RépondreSupprimer
  4. J'ignorais que dans la masse de Josée Dayan, on puisse trouver un cul, bravo.

    RépondreSupprimer
  5. Sinon, comme film de Nana (avec une majuscule, comme les tampons), vous avez Bye Bye Blondie de la Despente. C'est con comme une bite, ce qui est emmerdant pour un film de goudou, mais c'est rigolo. Un petit côté "Les Filles d'a Côté" dans les dialogues, on s'attend à voir débarquer les énormes miches et les robes raz la techa de Cécile Auclair, mais faut se farcir Béatrice Dalle qui ne ressemble vraiment plus à rien (déjà que c'était pas grand chose il y a 20 ans).
    Mais bon, contrairement à Maïwenn, c'est dénué de toute prétention, c'est même d'une candeur touchante malgré la nullité de l'ensemble. Et puis les amateurs identiferont une ou deux ex pornstars passées faire coucou, et puis Lydia Lunch qui "chante" une chanson de Ferré. C'est pas tous les jours qu'on voit Lydia Lunch au cinoche.

    RépondreSupprimer